Un jugement compliqué

Un pas, il ne lui fallait qu'un seul pas pour se montrer à la famille de la victime et les entendre pleurer, la colère du père, la tristesse de la mère et les questions de la sœur ne comprenant pas la situation.

Ils le regarderont tous avec des yeux remplis de haine. Ses parents à lui aussi serons là, un regard rempli de honte dans chacun de leur yeux qui aura le don de lui faire baisser la tête presque automatiquement. Qu'est-ce qu'il s'était passé déjà ? Impossible pour lui de l'oublier, et pourtant, c'est ce qu'il désira le plus en cet instant.

C'était un mardi ordinaire, le jeune homme de 18 ans que l'on appellera Markus, vivait encore chez ses parents le temps de se trouver un emploi stable et un logement. Aimants, doux et attentionnés, c'est comme ça qu'il les décrivait à ses proches.

Ce jour-là, il fut chargé d'aller chercher du pain sur la place de son village, une tâche basique et simple, mais pas pour lui : il redoutait cet endroit. En effet, Marcus était différent, lire et écrire furent ses seules activités, qui allaient jusqu'à la passion. Ses « camarades », quand à eux, n'ont jamais vraiment réussi à le comprendre et nous savons tout deux que les enfants sont méchants entre eux. Blessé, Racketté, Harcelé, c'était sa vie depuis tout petit et il sentait la haine monter de plus en plus en lui et il eut peur de ne pas réussir à la contrôler.

Ses « camarades » furent beaucoup plus tôt que l'on ne le pensa majeure, mais leur état d'esprit était toujours le même, il continuaient à le maltraiter. Voilà la raison de sa peur.

Il eut supplier beaucoup trop de fois sa mère d'y aller pour cette fois-ci, mais elle n'en fit rien, « tu dois t'adapter » lui disait -elle. Alors, il du se résoudre à s'aventurer à cet endroit qu'il redoutait tant.

Si cet homme insupportable n'était pas venu, si cette pierre n'était pas là, si Marcus n'avait pas perdu le contrôle de lui même, peut-être qu'il ne serrais pas présent dans cette pièce, à attendre impatiemment son tour pour se faire juger.

Ce qu'il s'était passé ? Si simple et si compliqué en même temps. Arrivé sur la place du village, un garçon de son âge jouait au foot avec plusieurs de ses amis, Léo, il s'appelait Léo. C'était un de ces anciens « camarades » de classe, une des personnes l'ayant détruit aussi bien physiquement que
mentalement.

Le jeune garçon s'était approché de lui, un sourire mesquin sur le visage. Son but ? Paraître « intéressant » devant ses amis. Sa façon de le faire ? Pousser Marcus, le frapper, le racketter encore et encore. C'était simplement un moyen de se défendre, de garder sa fierté, d'enfin être qui il veut, mais comme je l'ai dit, cette pierre fut là au mauvais moment, au mauvais endroit.

Marcus l'a tout simplement poussé, la colère qu'il avait en lui rendit certes la puissance de ses bras plus forte mais à ce moment, il n'en pris pas note, sa seule pensée en ce moment même fut toutes ces années d'horreur qu'il avait subi, il ne put se résoudre à rattraper Léo, de tout manière, c'était trop tard.

La chute de Léo, son crâne s'enfonçant dans le caillou, le visage choqué de Markus, le sang coulant à flot, les yeux remplis de larmes. Que faire ? Courir ? Ça n'avait jamais été dans sa nature d'abandonner les gens. L'amener à l'hôpital ? Il était déjà mort. Appeler à l'aide fut ce qui lui sembla la meilleure solution.

Il y avait bien cet homme, M. Karl, qui avait toujours été là pour lui, quand il étais petit, il lui offrait un verre de limonade et l'écoutait se plaindre de ses camarades. Mais il ne put s'y résoudre. Alors, pleurant à chaudes larmes, voyant le corps de son harceleur sans vie, il décida de partir ne pouvant supporter cette vue horrifique.

Il était là pour ça, et plus les secondes dévalaient dans sa tête, plus la haine contre lui revenait, encore et encore. Il se détestait intérieurement, il avait tuer quelqu'un et la seule chose qu'il espérait fut d'être enfermé. Cependant, il eut décidé tout de même de demander de l'aide à une avocate, ne pouvant supporter ce lourd poids qu'il pesait sur ces épaules à lui tout seul.

"Faites entrer l'accusé"

Un pas, ce seul pas qu'il fit sans hésiter pris d'un élan de courage qu'il ne prit pas en compte en ce moment. A ce seul pas, des chuchotements se firent entendre, la colère du père, la tristesse de la mère et les questions de la sœur, tout résonnait dans sa tête comme un écho, un tambour immense dans ses oreilles, percussions incontrôlables.

L'avocate le fixait, il ne donnait pas l'impression d'être un danger pour quelqu'un, il ressemblait juste à un garçon complètement perdu.

"Markus Strange accusé de meurtre et qui a pris la fuite, vous avez le droit de gardez le silence au cours des débats et le droit de bénéficier de l'assistance d'un interprète. Avancez je vous prie."

Le cœur battant, les jambes tremblantes, sentant le regard d'une vingtaine de personne derrière lui, entendant les pleurs des proches de Léo, il s'avança d'un pas incertain, ayant peur de faire un geste
de trop.

"Vous avez participer au meurtre de Léo Détroit n'est-ce pas ?"

"Oui" dit-il en aspirant fort comme pour se donner du courage.

"Pourquoi avoir fuit ?"
"J'avais peur"

"Nous allons maintenant entendre les plaidoiries de l'avocate. Avancez je vous prie."

Ce fut à elle de défendre son client, c'est ce qu'elle avait toujours redouté, ce moment devant le juge. Certes elle adorait aider les personnes dans le besoin, les rassurer, leur attribuer la peine minimale, leur faire surmonter ces moments durs et ce stress qui est l'entretien avec le juge.

Alors, elle prit son courage à deux mains et monta les quelques marches réduisant l'espace entre elle et le juge mais en laissant assez pour ne pas paraître impolie.

"Mon client est responsable du meurtre certes, mais je propose de réduire sa peine, il a agis par rapport à ses sentiments, il s'est défendu, il a eu peur d'être encore une fois de plus frappé par son camarade. Ce que vous ne savez pas c'est que la victime qu'il a tué était un de ses harceleurs et mon client n'a jamais eu l'intention de lui faire de mal, il l'a poussé et n'a pas réussi à contrôler la force de ses bras. Nous savons tous ici qu'un crime est impardonnable, aussi bien que pour la famille de la victime qu'au niveau juridique, mais je pense que 3 ans de prison serait beaucoup plus convenable pour lui."

"D'accord y a-t-il des témoins ?"

Markus regarda autour de lui et vis une main se lever lentement. Le propriétaire de cette main n'était nul autre que M.Karl, la personne l'ayant gâté pendant toute son enfance, une des seule personne étant au courant pour son harcèlement avec ses parents, le seul à qui il faisait confiance.

"Bien, avancez"

M.Karl descendit les escaliers du côté public et se plaça là où était l'avocate il y a quelques minutes de ça.

"Markus a toujours été un bon garçon, gentil, serviable, poli... J'habite en face du lieu où s'est passé l'incident et j'ai tout vu, à ma plus grande tristesse. Ce garçon avait pour habitude d'harceler le coupable sans arrêt, à chaque fois qu'il le croisais. Markus était totalement perdu et ne savais pas quoi faire, il avait peur et je pense que c'est la raison pour laquelle il a fuis."

"Merci pour votre témoignage. Je pense en effet qu'une peine de 3 ans est raisonnable car vous êtes coupable d'un meurtre, une chose grave, cependant vous ne l'avez pas voulu et avez agis sans réfléchir. Le débat est terminé"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonjour, je suis un peu déçue de la fin, mais comme je l'ai dit dans mes retours de texte, il était 00h00 passé et j'étais fatiguée parce que ça faisait trois heures que je travaillais dessus donc j'ai voulu en finir le plus vite possible. Sinon j'avoue en être assez fière.

Comme vous l'avez peut-être remarqué, je fais des références à life is strange 2 et à Detroit become human, je trouvais que le thème du concours de cette semaine collait bien avec l'histoire de Markus et avec celle de Sean.

J'ai aussi voulu renforcer son sentiment de solitude par monsieur Karl qui n'est pas son père, le lecteur à l'impression que sa mère s'en fout un petit peu de Markus et c'est l'effet que je veux procurer.